Savoir-faire et matières

Tout comprendre sur le bois massif pour bien le choisir !

Le bois est un matériau qui nous entoure dans notre quotidien, que ce soit dans notre intérieur (escalier, parquet, mobilier, instrument de musique…) ou à l’extérieur sous sa forme primaire : l’arbre, feuillu ou résineux. C’est l’un des rares matériaux disponibles à la surface de la terre qui ne nécessite pas d’énormes moyens pour le prélever et le transformer contrairement à la pierre, aux métaux… que l’homme doit aller chercher dans les profondeurs de la terre.

Cependant avant d’arriver entre nos mains sous forme de bois massif, le bois a subi quelques transformations !

Les étapes de transformation du bois massif

–> L’abattage

En premier lieu, l’arbre sur pied est abattu. La bille, la partie la plus rectiligne et homogène du tronc est acheminée en scierie ou elle va être débitée en différentes sections pour obtenir des planches, des tasseaux, des plateaux, des poutres…

Débitage bois massif

Source : Copain des copeaux

–> Le séchage

S’ensuit une étape très importante, le séchage, qui apportera à ce matériau une bonne stabilité dimensionnelle et évitera que le bois ne « travaille », qu’il ne subisse des dilatations, une fois qu’il a été mis en œuvre, dans la fabrication d’un meuble par exemple. Le bois à un taux hygrométrique pouvant atteindre 200 % avant séchage. Après séchage il sera compris entre 15 et 20 % (correspond aux valeurs hygrométriques dans l’air sous nos latitudes).

Séchage naturel bois massif

Source : Scierie Clerc

Deux types de séchage :
–> Naturel : sous abri, empilé avec des écarteurs, pour augmenter la surface d’échange avec l’air, le bois soumis aux 4 vents mettra plusieurs mois à sécher.
–> Artificiel : en séchoir à température contrôlée et stocké de la même façon que précédemment, le bois sèchera en quelques jours.

A ce stade le bois est brut. Ses fibres relevées lui donnent un aspect pelucheux.

Bois massif brut

Source : La boutique du bois

–> Les finitions de surface

A présent on peut s’intéresser au choix de la finition de surface que l’on va donner au produit ! Il est évidemment possible de laisser sa planche brute, comme le bois de palette, mais le toucher n’est pas des plus agréable, les échardes qui se plantent dans la peau son monnaie courante et les tâches de vin ou autre pénètrent dans les fibres comme dans un papier buvard.

Sinon, selon les goûts, le bois peut être travaillé de différentes manières :
–> brut de sciage : les planches lorsqu’elles sont découpées comportent des marques causées par le passage de la scie. En ponçant légèrement le bois pour faire disparaître les fibres relevées, on conserve ce dessin ;
–> poncé : le ponçage s’effectue en commençant par le grain le plus grossier et se termine par le grain le plus fin. Plus le grain sera fin, plus le toucher du bois sera doux ;
–> brossé : à l’aide d’une brosse métallique manuelle ou d’une brosseuse industrielle, la partie la plus tendre du bois est retirée. Le veinage du bois est renforcé, l’aspect est plus nerveux ;
–> sablé : dans une cabine de sablage, un opérateur équipé d’un pistolet de sablage projette des particules abrasives (silice) sur la planche de bois. Le rendu correspond à un vieillissement accéléré. Le bois de printemps plus tendre que le bois d’été va se creuser et faire ainsi apparaître la veine en relief. Le sablage permet également de réaliser à l’aide de masque des marquages de type écritures, symboles, dessins… ;
–> carbonisé : à l’aide d’un chalumeau, un opérateur brûle le bois en surface uniquement. Un vernis transparent fixe cette carbonisation et empêche les salissures liées au charbon.

Afin de pallier certains problèmes liés à des taches, à l’encrassement… il est préférable de protéger votre bois. Ces finitions vous permettent également de donner une identité à votre bois, de le personnaliser.

Plusieurs techniques de finitions existent :
–> la plus naturelle : la cire d’abeille. Elle est appliquée à l’aide d’un chiffon doux. Cette solution évite au bois de sécher et de se fendiller. Le bois conserve un aspect naturel ;
–> l’huile : l’application se fait à l’aide d’un pinceau ou d’un chiffon. La finition peut-être mate ou satinée. Inconvénient : l’huile sature la teinte du bois.
–> la lasure : transparente ou opaque, colorée à base de pigments, elle laisse apparaître le veinage du bois.

La cire et l’huile nécessitent d’être renouvelées (une à deux fois par an selon les usages). Le bois est protégé mais reste sensible aux taches, aux coups ou aux rayures. La fibre du bois, son aspect naturel, sont mis en avant.

D’autres finitions existent. Elles sont plus durables et efficaces, mais elles changent l’aspect du bois. Il est plus homogène, comme plastifié, les couches filmogènes formant une protection dure à la surface du bois.
–> le fondur cellulosique ou bouche-pores est utilisé pour fixer une teinte. Cela donne un aspect lisse et brillant à la finition ;
–> les vernis à base d’eau peuvent être mats, satinés ou brillants. Ils laissent apparaître le veinage du bois mais donnent un rendu un peu plastique ;
–> les peintures apportent souvent un côté plus contemporain au meuble. La couche filmogène et opaque recouvre le support. On ne voit plus alors que le matériau utilisé est du bois.

Les menuisiers et ébénistes ont également tout un tas de petits secrets qui leur permettent de donner des teintes des plus subtiles au bois. Poudres de perlimpinpin, eau de javel, eau oxygénée et autres embelliront votre meuble et le rendront singulier.

Quels critères pour choisir son bois massif ?

–> Economique
Le prix est fonction des essences, de leur rareté, de leur performance et de la demande.

–> Esthétique
La teinte naturelle du bois varie beaucoup en fonction de l’essence. Elle peut être blanche, jaune, rosée, brune ou noire… Si vous aimez les bois plutôt clairs vous pouvez utiliser du frêne, du bouleau, du charme de l’érable ou du sapin. Pour des bois tirant plutôt sur la couleur miel, vous pourrez choisir le chêne ou le châtaignier. Si vous cherchez un bois plus foncé, il y a le noyer.

Le dessin lié au veinage constitue également une caractéristique esthétique importante. Il varie en fonction de l’essence mais également pour chaque pièce de bois.

Teintes bois massif

Source : Marie-Claire Maison

–> Technique
En fonction de l’usage que vous souhaitez en faire, la densité et la dureté du bois sont des critères importants pour garantir la pérennité de votre meuble dans le temps. Ils impacteront également la finition que vous devrez apporter à votre meuble pour qu’il soit bien protégé et éviter qu’il ne s’abime.

Il existe un classement de densité et de dureté en fonction des essences dont voici un résumé non exhaustif pour des essences françaises uniquement :
–> Les bois très légers (densité 0,4 à 0,5) : le peuplier ;
–> Les bois légers et tendres (densité 0,5 à 0,65) : l’aulne, le bouleau, le douglas, l’épicéa, le sapin, le pin… ;
–> Les bois mi-lourds et mi-durs (densité 0,65 à 0,8) : le charme, le châtaignier, le chêne, l’érable, le frêne, le hêtre, le merisier, le noyer, l’orme, le platane, le poirier… ;
–> Les bois lourds et durs (densité 0,8 à 0,95) : le buis, le chêne vert, le robinier…

–> La sensibilité écologique
Certains d’entre vous auront à coeur de choisir une essence locale pour limiter au maximum leur empreinte carbone. Avec plus de 120 espèces d’arbres, la forêt française offre une grande diversité. Vous aurez donc l’embarras du choix : Acacia, Bouleau, Cèdre, Charme, Châtaignier, Chêne, Cyprès, Epicéa, Erable, Figuier, Frêne, Hêtre, Mélèze, Merisier, Murier, Noyer, Pin…

Privilégier une démarche écologique ne veut pas nécessairement dire boycotter les bois exotiques. Des réseaux se sont développés ces dernières années pour accompagner l’exploitation des bois exotiques dans le respect de l’environnement.

–> Les labels
Lorsque l’on choisit un bois dans le commerce, il est souhaitable qu’il soit « éco-certifié » selon un référentiel reconnu. Les labels PEFC ou FSC, garantissent qu’une proportion ou la totalité du bois utilisé est issu d’une forêt gérée durablement. Le label PEFC est beaucoup moins exigent et moins onéreux que le FSC.

–> La récup
Et enfin, n’oublions pas la mode de la récup des objets détournés ! La grande tendance dans le bricolage et la création est à la revalorisation du bois : bardage de chalets de montagne, madriers d’échafaudage, palettes de transport, caisses de transport… transformés en meubles de notre quotidien. Attention toutes les palettes ne sont pas adaptées pour la fabrication de mobilier car les traitements qu’elles ont subis dégagent des taux importants de COV.

J’espère que ce « petit » tour d’horizon vous permettra d’appréhender plus facilement ce matériau que l’on retrouve partout dans notre quotidien. Dans mon prochain article dédié aux matériaux je vous proposerai une première cartographie des points de vente pour acheter votre bois massif ou dérivé et je vous donnerai plus d’information sur les prix !

A très vite sur Hopfab !

Arnaud